....... suite 

 

jeudi 28 octobre                                                          BEN AMIRA-ATAR-CHINGUETTI  457KM

Ca traîne un peu ce matin!! La KTM de Damien qui a rendu l'âme hier, est chargé sur le camion. C'est avec regret que tous quittent cet endroit magique.  Au km 6 la piste s'engouffre déjà dans un superbe cordon de dunes qui défend  l'accès à Choum . Plus court que l'Azéfal mais tout aussi taquin il va faire souffrir notre vaillant TRM d'assistance qui laisse là son deuxième et dernier pneu de rechange. De Choum,  la piste bifurque vers le sud, devient roulante et bien marquée. Elle gardera ce cap  jusqu'au km140 attendant de pouvoir franchir les falaises noires qui la bordent sur la gauche. Passée la barre rocheuse, le TREK quitte la piste et s'engouffre en HP dans une immense vallée de sable, parsemée de végétation. Elle débouche 20km plus loin sur la passe de Natazari, accès direct à Atar. En ville, le CP1/km175 est dans une station. Il est 12h15 quand pointent les premières motos. Sur le RB, 300 km restent à parcourir. Ces derniers jours, la chaleur a considérablement marquée les organismes et l'absence d'une unité a mis les assistances à rude épreuve. Très logiquement, la décision est prise de raccourcir l'étape et de filer directement sur Chinguetti. 90km d'une piste roulante et sinueuse pour découvrir un des sites les plus remarquables de l'Afrique de l'ouest. A l'arrivée tous s'installent avec un grand bonheur au "Maure Bleu"une auberge fleurie située sur le grand oued de Chinguetti. Les chambres, pour la plupart de palmier et de toile, au confort relaxant, sont propres et décorées avec goût. Les douches sont prises d'assaut. L'eau abondante et fraîche requinque quelque peu la caravane. Le TREK se prépare a deux jours d'escale .  Apéro, kêmia, les conversations s'animent avec la tombée du jour. Tagine de bœuf au menu de ce soir.          Les crickets sont nos invités........

Mario: "T'a vu ce bazar???"

Franck  et son HSB

       Miss RB & GPS au bureau

            Le sable dés le départ

  Laurent B a l'entrée de l'erg de Chinguetti

   Arrivée dans l'oued

vendredi 29 octobre                                                       CHINGUETTI-OUADANE-CHINGUETTI  220 KMS

Trois options possibles aujourd'hui: moto, repos ou mécano. La boucle de Ouadane est la bienvenue pour permettre aux plus fatigués d'entre nous de remettre les compteurs à zéro. Pour les autres,  en selle dés 7h00 pour une étape magique. Entame par une piste très rapide qui emmène à Ouadane par des plateaux rocailleux entrecoupé d'oued.  Après le CP1/km120 la piste bifurque vers la droite et se perd dans des étendues sablonneuse marquées par de multiples traces. La plupart du temps la navigation se fait au cap. Parfois à la descente d'une dune se découvre une palmeraie. Piloter est un régal. A l'approche d'un petit chott, une piste plus porteuse se dessine nettement. Grisé, Guy envoie du gros avec son bicylindre KTM. Surpris par une courbe, il n'a pas les moyens de rattraper son autobus et se met violemment au tas. Pilote et moto chiffons, ils sont pris en charge par la fermeture. A l'approche de Chinguetti, les motos se faufilent dans des vallées dunaires ou la couleur et la consistance du sable change sans cesse. Souvent tout se referme en cul de sac sur des montagnes de sable qu'il faut alors passer. Encore quelques dunes et les motos débouchent dans l'oued qui les conduit à l'arrivée. Vers 11h30 les premiers sont rentrés et peuvent profiter de la ville. 16h00, comme prévu, les camions prennent la piste pour se mettre en place sur l'étape du lendemain. Pendant ce temps, à l'auberge, à grands renforts vains de cris et de bâtons les jardiniers chassent les crickets agglutinés sur la végétation. Pour les pilotes, soirée douce et coucher tôt. Les gros morceaux de ce 6ème TREK sont encore à venir.......

Samedi 30 octobre                             CHINGUETTI-TIDJIKJA 314 KM

6h30 Profiter au maximum de la fraîcheur sur cette étape de légende. Le soleil n'est pas sur l'horizon que les motos disparaissent entre erg et oued. Le sable encore porteur du matin facilite la progression et c'est vers 8h qu'au km 46 les dernières motos franchissent la passe ensablée de Zarga. De là, cap au sud. La piste devient plus cassante et court sur des plateaux rocheux traversé par de nombreux oueds. Il faut être très vigilant. Peu à peu, le sable prend le pas sur le rocher et quelques dunettes parsèment le paysage. Une grande vallée, un petit cordon de dunes facilement franchi, puis deux, puis trois. La chaleur monte inexorablement.  Km94, en face de nous se dresse une falaise ocre et découpée, immense dans le soleil. La piste s'extirpe du piège en étroits lacets et débouche sur un plateau noir par la passe d'Ebchir. Dans ce chaos de sable et de rocher mêlés, Jérôme au volant du camion nous démontre toute l'étendue de son talent. Les derniers contreforts usés de l'Adrar passés, les premières motos s'engouffrent dans un entrelacs de vallées semées de barkhanes  qui commande l'accès au CP1/km170.Il est presque 10h30. Toujours cap au sud. Encore un plateau noir et surchauffé. A l'autre extrémité, une large vallée et des kilomètres de dunes en rang serrés.  Les conditions de sable sont plutôt bonnes et les motos y jouent avec bonheur chacun faisant sa trace. Plus loin, encore du sable, de l'herbe a chameau et un peu de végétation qui signale la piste de l'oued Tidjikja. Peu à peu, en suivant le lit de l'oued ensablé, les motos s'enfoncent entre des falaises brunes bordées d'une frange de sable roux. A Taoujafet, km 290, un bouquet de palmiers, marque l'entrée d'une longue montée de sable. Le site est d'une beauté exceptionnelle. Les derniers km sont tout aussi splendides. Le bivouac est installé sous  les tamaris à tout prés de Rachid. Au menu de ce soir ragoût de chameau(sportif) et riz local sous l'œil blasé des crickets....... 

 

Serge dans la passe de Zarga

  Vers Taoujafet

  Tous à table!!!

Des dunes à perte de vue

Départ dans l'oued Tidjikja

L'attente pour l'essence

Nicolas dans  Néga

dimanche 31 octobre                                TIDJIKJA- KIFFA-KAMOR   397KM                     Encore une étape mythique. Il est environ 7h00, quand Jean Pierre et François  reprennent  les premiers, la piste de l'oued. Damien récupère la Suz de Serge malade et Mario grimpe dans un 4x4, le moteur de sa belle KT ayant décidé hier de s'arrêter là.  Le rocher venant se mêler au sable mou, les 45 km qui mènent à Tidjikja ne sont pas de tout repos. Pas une goutte d'essence dans les stations de la ville. Le TREK est en panne sèche. L'organisation se démène pour trouver les 400 l nécessaires. Marché noir, rendez-vous improbables, attente interminable, prix prohibitif pour 400 l de carburant dont 200 s'avèreront être du kérosène et qu'il faudra ramener puis renégocier sous l'œil de policiers intéressés et goguenards.  Midi, les pleins sont faits. Il  faut partir sans perdre de temps pour passer Néga de jour.  Denis informe les pilotes et autorise ceux qui le souhaitent à prendre la piste. 140 km de belle navigation à travers une succession de plateaux rocailleux et de passages en sable. CP2/km185 A l'entrée de Néga, Jean Yves malade (la chaleur et l'âge?) laisse le guidon de sa KTM à Mario. La passe est un gigantesque toboggan de sable qui comble les 400m de dénivelé entre les plateaux du Taguant et les vallées basses qui mènent à Kiffa. L'entrée est une forte descente étroite en sable slalomant dans une végétation étonnamment dense. Puis, la piste suit l'oued un moment, remonte un peu, se perd et se retrouve au débouché d'un passage de dunes dans un superbe cirque mi-sable mi-montagne. La seule issue possible est l'oued qui en sort par l'est. La piste file maintenant plein sud, sablonneuse et roulante mais le jour qui  décline oblige à rendre la main. CP3/km346. La nuit est tombée. Au RB il reste encore 50 km de HP,  mais c'est par la route que tout le monde rejoindra l'arrivée. Mario et Rémi sont les dernières motos à rentrer. Il est presque 23h00. Le bivouac se  situe dans une enceinte de blocs granitiques dont la plupart apprécierons la splendeur, le lendemain avec le lever du jour. En attendant chacun déguste avec appétit le poulet au curry de Paul avec un petit beaujolais Vissoux/Griottes qui va rapidement gommer les tourments du jour. Ce soir, même les crickets se font discrets....

 

Lundi 1er novembre                                                     KAMOR-KAEDI-ALEG   450KM 

Le TREK s'est couché tard. Le départ opportunément  reporté d'une heure laissera un peu de temps pour se remettre d'aplomb et faire un peu de mécanique. Aujourd'hui les pilotes entrent dans le Sahel mauritanien, un des coins les plus chauds du monde. Navigation délicate et pilotage gros cœur sur des pistes  roulantes, souvent sablonneuses dans une  végétation d'épineux qui se fait plus dense, traversant parfois des marais asséchés. Sur ces pistes rapides, Pascal en fermeture se régale avec son Toy, et reste au contact des dernières motos. CP1/km130.Il est presque 11h00. Jean Pierre , Denis N et Eric ravitaillent les premiers. Suivent Roland en compagnie de  Franck dont la HSB fait un vilain bruit. Il reste encore 160 km d'une piste de savane sinueuse et sablonneuse à souhait. La traversée souvent très animé de gros villages de brousse ralenti la cadence. Sur les derniers km la grande piste en latérite qui rentre plein ouest sur Kaédi longe le fleuve Sénégal .   CP2/km294 46 ° à l'ombre. Chacun prend ses aises et s'applique a vider le frigo(qui marche!!!) de la station-service. Une nuée d'enfant, cahier à la main, entoure les motos, émerveillés. A la demande générale, Claude part faire une démonstration de roue AR, sous les acclamations et les rires des gamins aux anges. 16h00 C'est tard. Consigne est donné de garder le goudron jusqu'à Aleg. De nuit , l'entrée de la  piste qui conduit au  bivouac n'est pas évidente à trouver. C'est là que Claude, d'un geste sûr, intime les motos présentes de le suivre et s'enfonce grand gaz dans la pénombre. 20 km plus loin ce garçon incroyable est perdu et avec lui, une douzaine de moto et 2 4x4. Guidés par le GPS,  les motos vont se faufiler dans la végétation dense mais les 4x4 devront rebrousser chemin. Du Cervantès je vous dis.... Plus préoccupant est l'état de Michel qui vient de chuter avec son DRZ. Il sait que s'en est terminé pour lui et traîne ses douleurs sur le bivouac sans se plaindre. Il est 21h00 et chacun s'installe autour de la grande table pour déguster de remarquables manchons de canards au chili et d'un excellent Bergerac Haut Caillevel. 

 

      Au départ du bivouac de Kamor 

      sortie d'école à Kaedi

Sur la digue

  Le fleuve Sénégal de la langue de Barbarie

Rémi vire en tête pour la Flag

 

mardi 2 novembre                                                   ALEG- St LOUIS du SENEGAL   437KM 

 Encore une grosse étape au programme de cette journée. Le TREK entre dans le Trarza, grande région de dunes plates tapissé de végétation est d'herbes rases au sud ouest de la Mauritanie. Denis, qui a pris la 660 KTM à Denis N ce matin, se trompe à la sortie d'un village et se paye une partie de HP bientôt rejoint par toute une bande de joyeux drilles chambreurs mais tout aussi perdus.  Les pistes encaissées de sable mou sont sinueuses à souhait mais exigent de la vitesse et du physique. Sinon tu subis....  CP1/km135 Rkiz.  l'HSB de Franck rend l'âme. La végétation se fait plus dense .  Mederdra (km190) , La chaleur aidant, une épidémie de la forme la plus grave du syndrome dit "de la Flag de St Louis"bien connu dans ces parages,  oblige l'organisation à modifier une partie du programme prévu (des vacances ce TREK!!!!).  Cap sur Rosso. Les nombreuses pistes qui nous y amènent  ont parfois du mal à se faufiler entre les épineux et les tamaris. A partir de Rosso les pilotes emprunte les 80km de digue qui longe le fleuve Sénégal traversant des marécages riches en phacochères et oiseaux de toute sorte. CP3/km400. La frontière . C'est toujours la même bagarre pour les formalités et ce,  malgré le boulot fait en amont. Une à deux heures d'attente et de palabres nécessaires à l'organisation pour ramener douaniers et policiers a des exigences plus raisonnables et régler les "frais". Il ne reste plus que quelques km de piste pour récupérer le goudron et rentrer sur St Louis. Et c'est Rémi qui, après trois jours de brousse, vire en tête chez Dior en pointant vers les 17h au bar. En sortant de  la douche, tout le TREK s'est donné rendez-vous autour des tables basses de la terrasse ouverte ou la proximité de la mer apporte une fraîcheur toute relative. Plus tard, de salle de restaurant monte un brouhaha qui,  résonne dans cet espace confiné de façon étrange.  . 

mercredi 3 novembre                                                   St LOUIS du SENEGAL-DAKAR   437KM 

 Cool ce matin. Avec 272 km au programme de cette dernière étape, c'est déjà un peu les vacances. Ils est 9h40 quand les premières motos quittent l'hôtel. Sur les pistes sinueuses de la savane sénégalaise animaux et  traversée de nombreux villages oblige à la prudence et rend la  navigation délicate. Un peu avant le CP1 les baobabs débarquent dans le paysage.CP1/km82  Les pilotes empruntent une portion de nationale pour rejoindre Tivouane avant de reprendre les pistes en latérites qui mènent à Kayar. L'entrée de la plage est très molle et 25 km plus loin, la sortie vers le Lac rose l'est tout autant. L'arrivée sur le lac est chargée d'émotions. Le point GPS du CP d'arrivée est dans la piscine d'un restaurant sur les bords du lac. Il est 15h00 et chacun en profite pour se restaurer. Manque Claude qui a quelques soucis d'alimentation d'essence. Mais bientôt le grondement de la 650 XR Normoto se fait entendre.  Dans la  piscine règne un joyeux bazar.  Il est prés de 17h00 quand nous rentrons dans Dakar. L'hôtel est sur la plage. Demain , au port,  nous chargerons les motos dans les conteneurs, mais ce soir l'ambiance est à la fête. La folie des nuits tropicales va encore faire tourner les têtes.

 

   Paul et la HVA sans problème jusqu'a Dakar

  Le lac rose

             Empotage des motos sur le port de Dakar

 

  Une des grues de la Voile d'Or

 

Photo de famille sur le lac rose  avec de gauche à droite(entre parenthèses participations au TREK) : Jean Luc(1), Daniel(1), Pascal(3), Paul(en rouge sur le camion 4), , Fred(1), Karim(1), Jean Pierre(1) et Françoise(1), François(1), Denis N(2), Pascal C(1), Paul S (3), Franck(1), Eric(1), Rémi(3),Mario(3 dont le 1er),  Nicolas(2),Pierre C(1), Chantal(de dos 2 dont le 1er), Damien (1), Roland (2), Laurent B(3 dont le 1er), Jean Claude(1), Serge(1), Pierre B(1), Jean Yves(4), Claude(3).Sont absents sur cette photo. Evelyne(3), Jean Louis (2 dont le 1er), Michel (2 dont le 1er), Guy (1), Christelle notre toubib (1) et Denis

C'était un rêve et un  pari un peu un peu fou. Organiser un grand raid sportif trans-frontière,  ou chaque pilote pourrait rouler librement  à son rythme sans la pression de la compétition, totalement déchargé des problèmes d'intendance et de budget. Première édition en 1998, 5 pilotes (dont 3 belges) et une passagère  risquent l'aventure.  Cinq ans plus tard, la plupart (5) sont toujours avec nous.  Merci  à ces pionniers  qui ont  permis au TREK d'exister et de grandir pour devenir, ce qu'il est aujourd'hui, un espace de convivialité et de passion autour de la moto et de l'Afrique.

 Et le TREK 2004 n'a pas failli à la tradition. Une belle et grande aventure ou chacun y a trouvé ce qu'il était venu chercher. Le nouveau parcours a été à la hauteur de toutes les attentes mêmes si les aléas nous ont contraint à couper quelques beaux morceaux. Merci aux nombreux  engagés, pilotes et passagères, héros heureux ou malheureux,  qui ont supporté étape après étape, la chaleur , les crickets,  les avatars de la piste et de l'organisation, et  qui pour la plupart n'ont pas hésité a mettre la main à la pâte pour faire avancer le raid dans le bon sens. Encore un sans faute pour l'équipe de choc Evelyne, Pascal, Paul sur le terrain et Nathalie au PC en France. Bravo à Jérôme (il est dingue ce garçon!!) qui a fait des merveilles au volant du camion, à Jean Luc pilote sur et dévoué,  ainsi qu'à Daniel, a qui nous aurions pu souder les mains sur le volant de son TRM tant le nombre d'heure de conduite a été impressionnant. Merci à Christelle, notre jolie toubib,  qui pris soin de la caravane dans laquelle certains n'ont pas hésité, pour se faire soigner, a prétexter des bobos fallacieux avec une mauvaise foi éhontée. Enfin, une pensée,  a Stéphane, Bruno et Caro laissées sur la touche dés le départ par des circonstances malheureuses. 

A tous je dis merci, bon vent et à l'année prochaine.... inch Allah..... Denis

 

retour au début

Trek dial: fiche technique